24 mars 2008
Musique à louer
Quelques magasins en ligne avaient déjà proposé cette option : louer de la musique. Vous payez un abonnement mensuel ou annuel (en général assez minime), et vous pouvez télécharger toute la musique que vous voulez pendant la durée de cet abonnement. Certains magasins proposent même des options de conversion qui permettent de transformer en achat définitif un morceau récupéré dans le cadre de la location. Cela permet donc à l'utilisateur de télécharger autant de musique qu'il veut et ponctuellement, de ne garder que les morceaux qui lui plaisent vraiment quand (et si) il arrête l'abonnement.
Les mangeurs de pommes les plus fanatiques avaient hurlé : comment ? louer de la musique ? vous n'y pensez pas !!! nous voulons être propriétaire de notre musique. Nous préférons payer 20€ par an pour acheter 20 morceaux bien à nous que de payer 20€ par an pour avoir accès gratuitement à des milliers de morceaux. Parce qu'à la fin, les 20 morceaux, ils sont vraiment à nous.
Le discours des mangeurs de pommes va probablement changer : La Pomme va proposer un système d'abonnement (ou de taxe) pour les acheteurs d'iPod qui leur permettra de télécharger autant de morceaux qu'ils veulent sur cet iPod et celui-là seulement. A la fin de la vie de l'iPod (perdu, volé, cassé ou vendu), l'utilisateur n'aura plus rien et devra reconstituer sa médiathèque. Encore une manière de plus de lier l'acheteur d'iPod pour l'empêcher d'aller voir ailleurs, surtout si La Pomme permet moyennant réabonnement bien sûr, de transférer les morceaux de l'ancien iPod vers le nouveau.
13 mars 2008
Storytelling, la machine a fabriquer des histoires et à formater les esprits
Storytelling de Christian Salmon (Editions La découverte) est en passe de devenir un best-seller. L'auteur y explique comment depuis quelques années et en particulier depuis l'avènement d'Internet, la communication qu'elle soit publicitaire ou politique a changé de nature : pour mieux formater les esprits, les gourous de la communication expliquent qu'il faut raconter des histoires. On ne parle plus d'un produit et de ses qualités, on raconte des histoires sur le produit en le mettant en scène. Nous sommes dans l'ère des conteurs, des griots, des diseurs de légendes.
Un exemple du "storytelling management" est bien sûr Steve Jobs qui base sa communication interne et externe sur les histoires (souvent embellies) et les légendes : le self-made man qui n'est pas allé à la fac, le premier ordinateur dans le garage, l'humiliation d'être débarqué de sa propre boîte, le cancer du pancréas vaincu comme par miracle, les dirigeants d'Apple qui reviennent à genoux et la corde au cou lui demander de revenir, le salaire de 1$ preuve de son dévouement désintéressé. D'ailleurs, les présentations des nouveaux produits d'Apple, quelque soit leur importance, sont toujours l'occasion de prestations scéniques Steve Jobs, qui vient raconter une histoire au public : il suffit de regarder la mise en scène. C'est celle d'un one man show attendu par le public et les mangeurs de pommes fanatiques, d'un conteur sur scène qui raconte une histoire. Tout cela précédé du buzz, c'est-à-dire des rumeurs et des histoires savamment entretenues pour faire monter le suspense.
11 mars 2008
Picorer les restes
Les mangeurs de pomme sautent de joie. Apple est entré dans le top 10 des vendeurs de téléphones avec 0,6% de part de marché.
Inutile d'essayer de leur faire comprendre que si dans un marché, le 10ième a moins de 1% de parts de marché, ces chiffres ne signifient pas grand chose puisqu'on est dans les 3ièmes couteaux qui se partagent des miettes. D'ailleurs il suffit de voir avec qui Apple est en compétition :
RIM et son Blackberry (uniquement sur le marché professionnel) entre à la 6ième place avec 1,2% et ZTE, un fabriquant chinois présent uniquement en Asie entre à la 7ième place.
Quant aux sortants, ce sont des marques telles que BenQ (Taïwan), Bird (Chine) et notre français Sagem dont la notoriété n'a jamais dépassé les frontières de notre hexagone.
01 mars 2008
L'essentiel et l'accessoire
Lenovo (qui a repris la fabrication des ordinateurs d'IBM) vient de sortir un ultraportable en réponse à celui de la Pomme. Il a d'ailleurs tout ce que n'a pas le MacBook Air : une connectique complète adaptée au monde de l'entreprise et des utilisateurs professionnels nomades, la possibilité d'intégrer des connexions GPS, Wimax, 3G/3G+, la batterie amovible pour ceux qui restent loin d'une prise de courant, une batterie longue durée, un lecteur de DVD intégré, des cryptages de données, ... Tout ça pour un poids inférieur à la machine d'Apple et des dimensions à peine supérieures.
Oui mais expliquent les mangeurs de pomme, il est beaucoup plus cher que le MBA : 1000$ de plus, expliquent-ils en comparant le prix du Lenovo avec un disque à mémoire Flash avec le MacBook Air à disque dur classique. Pas question de leur faire admettre que quand on compare les deux machines avec le même type de disque, l'avantage n'est pas à leur marque fétiche. Alors, il se rabatte sur le look avec cet argument définitif : "et du coups [on] n'aura pas honte de sortir son portable de son sac". C'est vrai que le look du Thinkpad date un peu et fait davantage industriel que jet set, mais voila où se situe l'inquiétude d'un mangeur de pomme quand il utilise un ordinateur : l'opinion des autres face au look de son ordinateur.
22 février 2008
La sonnerie silencieuse
L'éminent Professor Muller regrette que la fonction "vibreur puis sonnerie", présente dans de nombreux téléphones, soit manquante dans l'iPhone. Ce dernier ne possède que la fonction "vibreur et sonnerie".
Le professeur Muller explique donc la solution aux lecteurs du New-York Times : créer une sonnerie personnalisée qui commence par 10 secondes de silence. Ceci simulera parfaitement la fonction manquante.
Merci professeur Muller.
13 février 2008
Les mangeurs de pomme sont raffinés
Décidément, le précédent article le prouve, certains mangeurs de pomme n'aiment pas que l'on parle de leur marque fétiche, surtout lorsque ce texte n'est pas empli de dévotion confite. Un de ces mangeurs de pomme s'est cru malin d'inonder ce blog du même commentaire répété ad nauseam dans lequel il fait le tour du vocabulaire ordurier qu'il connaît (et il en connaît un sacré rayon, le bougre). Avec bien sûr l'habituelle mise à l'épreuve : "Aura tu le courage de publier mes commentaires sur ton blog? Je ne crois pas, tu es un lâche, doublé d'un faux cul, t'a pas de couille, t'es un minable, une raclure de fond de bidet."
Eh bien non, je ne publierai pas ces commentaires et il n'est pas question de courage ou pas : parce que ce commentaire était une suite d'insultes sans aucun rapport avec les sujets traités, parce que ce n'est pas parce qu'il est répété 50 fois qu'il apporte 50 fois plus d'information et parce que ce blog n'a pas pour vocation d'être le dictionnaire des 10 phrases ordurières de la langue française. Quant au courage de ce petit monsieur, il est également extrêmement limité puisqu'il a, bien sûr, omis de donner son email et simplement laissé comme adresse des emails aussi raffinés que trouduc@sucemabite.com ou fuckoff@danstoncul.com.
Cependant, que cette personne se méfie : si ce comportement venait à dégénérer, qu'il n'oublie pas qu'Internet n'est pas anoyme et que la FAI Club Internet peut tout à fait être prévenue des agissements d'un de ses abonnés aquitains.
12 février 2008
Les mangeurs de Pomme à Hollywood
C'est un lieu commun de dire que certains mangeurs de Pomme sont complètement entichés de leur marque d'ordinateur (de balladeur, de téléphone, ...) qu'ils s'identifient complètement à leur fournisseur. Ils considèrent toute critique envers la politique de la multinationale ou envers la qualité des produits comme une attaque personnelle et réagissent souvent violemment, sans aucune once d'humour ou de distanciation. Certains pensent Apple, respirent Apple, vivent Apple, mais bien sûr ne travaillent pas chez Apple.
C'est probablement le seul cas où il y a une telle identification entre une entreprise et ses clients, au point même de parler de dérive sectaire : pas au sens où les dirigeants de la Pomme auraient (volontairement ou pas) embrigadé des personnes dans une secte, mais au sens où des acheteurs de produits Apple ont la même fascination et le même manque de sens critique que des membres d'une secte religieuse : tout ce que fait Apple est bien, tous ceux qui critiquent Apple sont des ennemis.
Depuis quelques semaines, ce qui semble être la bande annonce d'un documentaire consacré à ces macfanatiques est visible sur le Net. A vous de voir si vous trouvez leur comportement normal ou excessif.
08 février 2008
Changement radical d'opinion
Quand Linus Torvald dit "Microsoft n'est pas mauvais, ils font juste des systèmes d'exploitation de merde", le mangeur de Pommes affiche ça fièrement comme une signature et trouve que c'est une excellente justification de son bon choix. Non mais, vous avez vu comme il dégomme Windows ?
Quand Linus Torvald dit "le système de fichiers de Mac OS X est complètement et absolument merdique, ce qui est effrayant", le mangeur de Pommes conteste : "on retrouve le malaise de Linus Torvalds qui n'a jamais réussi à proposer un système de la trempe de Mac OSX. On va passer sa jackasserie sur le système de fichier et les difficultés de programmation...aucun détail n'est donné, il balance le truc comme ça, sans détailler. Désir de sensationnel habituel chez le bonhomme."
Tiens donc, le héros dégommeur de la Fenêtre serait donc un vil personnage quand il s'attaque à la Pomme ?
01 février 2008
Quand le disque dur rame
Lorsqu'il veut absolument prouver que le dernier né des portables de la Pomme est aussi performant que les autres produits de la gamme, le mangeur de pomme rejette ce test qui montre que les performances du MacBook Air sont largement inférieures à celles du MacBook (et on ne parle même pas du MacBook Pro) : -35% pour l'indice sur la CPU, -39% sur l'indice pour le disque dur, -6% pour l'indice sur la mémoire, ... Non, pouah, ce test XBench n'est pas bon et, puis, qui prouve qu'ils l'ont effectué plusieurs fois, hein ?
Non, le mangeur de pomme va se concentrer sur le tableau ci-dessous, extrait de ce site Internet pour contester le -39% sur les performances du disque dur du MBA par rapport au MacBook.

On voit bien, é-vi-dem-ment, qu'il n'y a pas de différence de 40% entre les temps : 33 secondes (MacBook) contre 35 (MacBook Air), franchement, hein ... Et puis, 29 secondes pour le MacBook Pro, c'est pas franchement plus rapide, non plus. Cela prouve bien que malgré des caractéristiques plus faibles, les ingénieurs d'Apple ont réussi à limiter la casse.
Le seul point que notre mangeur de pommes oublie, c'est la méthodologie de ce test, lui qui était si soucieux de celle-ci pour le benchmark défavorable au MacBook Air. Et cette méthodologie, décrite par les auteurs, cela consiste à transférer un fichier de 800 Moctets d'une clé USB au disque dur avec une précision indiquant que la vitesse de la clé USB en lecture est limitée à 30 Mo/s.
Les taux de transferts obtenus pour le test "Thumbdrive to MacBook Test" sont donc respectivement de 23 Mo/s, 24 Mo/s et 28 Mo/s, tous inférieurs au débit de la clé USB. Or le disque dur du MacBook Pro est un disque dur Serial ATA dont le taux de transfert est supérieur à 30. Mo/s. Mais quand on explique au mangeur de pommes que ce que le test a mesuré, c'est la vitesse de transfert de la clé USB (le périphérique le plus lent de la chaîne) et pas du tout la vitesse du disque dur, il ne comprend pas : "pourquoi alors les résultat de temps de transfert entre les machines sont différents si le test ne mesure que les perfs de la clé USB".
24 janvier 2008
Mauvais joueurs ?
Décidément, les mangeurs de pommes n'aiment pas que la concurrence fasse mieux que leur marque fétiche.
- Apple annonce fièrement que leur ordinateur est le plus fin du monde (0,4 cm à 1,94 cm). Quand on leur fait remarquer que Sony a déjà sorti un ordinateur de 0,97 cm d'épaisseur, le mangeur de pommes explique que ce qui compte, c'est l'épaisseur minimale avec cet argument : "On peut faire entrer une partie du portable d'Apple dans une fente de 0,5 cm".
Il n'est pas possible, alors, d'expliquer que dans une fente de 0,5 cm, on peut faire entrer environ 1 à 2 mm du bord du portable d'Apple, ce qui ne présente pas beaucoup d'intérêt et que ce qui compte, c'est l'épaisseur maximale d'une machine, pas son épaisseur sur les côtés. D'ailleurs, si on reprend leur argument que dans une fente de 1 cm, on peut faire passer l'ordinateur de Sony, alors que celui d'Apple reste coincé au bout de 6 à 7 mm, cet argument de la fente devient soudain complètement inutile. - Le mangeur de pommes se veut aussi parfois technicien. Par exemple, il veut démolir un concurrent ultraportable avec ce texte d'une beauté surréaliste : "Asus
joue sur les mots. Un peu d’électronique de base : la puissance d’une
batterie (le nombre de Watt/h qu’elle est capable de fournir) se calcule en
multipliant sa tension (qui se mesure en Volt) par l’intensité du courant (par
exemple 5 200 mAh)." Sauf que ...
- le texte parlant de tension et d'intensité, il ne s'agit pas d'électronique de base, mais d'électricité de base.
- On n'écrit pas Watt/h : on écrit soit W/h, soit Watt/heure
- Une intensité se mesure en Ampère (A) ou en miilliAmpère (mA). Mais 5200 mAh (milliAmpère.heure) correspond à une charge électrique, pas à une intensité.
- Quand on multiplie une tension par une intensité, on a bien une puissance. Mais une puissance se mesure en Watt, pas en Watt/heure.
- Et si on multiplie des Volts par des mAh, on obtient une énergie mesurée en milliWatt.heure (mWh) et pas des Watt/heure (W/h). Et sûrement pas une puissance en Watt, voire en mW.
