29 octobre 2007
Il est interdit qu'Apple interdise
Il y a des mots qu'un mangeur de pommes ne supporte pas qu'on prononce à propos de son fruit préféré. Par exemple, il déteste que l'on associe "Apple" et "interdit", surtout quand on dit que c'est Apple qui interdit.
Par exemple, ne dites jamais à un mangeur de pommes qu'Apple interdit à Intel de coller un autocollant Intel Inside sur les ordinateurs Mac. La réaction se fait en quatre temps :
- Réaction 1 : "tu serais d’accord si on mettait un autocollant "Michelin" sur ta bagnole ?". A laquelle il est facile de répondre puisqu'on a des autocollants "Renault préfère Elf" ou "Peugeot conseille Total" sur les voitures. Et qu'il ne s'agit pas d'être content ou pas, puisqu'un autocollant, ça s'enlève.
- Réaction 2 : "Apple n'interdit pas non plus d'imprimer le logo Intel sur les processeurs". Intéressant, le concept de la publicité dans la boîte, là où on ne la voit pas.
- Réaction 3 : "Si tu achètes jamais dans ta vie un Mac tu es libre de coller un Logo d'Intel dessus". Encore un nouveau concept publicitaire : le client qui fait volontairement de la pub pour une entreprise.
- Et enfin, la réaction n° 4, la plus significative de l'esprit des mangeurs de pommes, agrémentée bien sûr du petit discours habituel sur la haine anti-Apple des contradicteurs : "si Intel a demandé de foutre leur autocollant sur les Macs et Apple a dit "non" ce n'est pas une interdiction mais un refus."
Donc, sachez-le, le mangeur de pommes déteste la phrase qui est calomnieuse et dénote une haine anti-Apple : "Apple interdit à Intel de mettre son autocollant sur les machines". Il lui préfère la phrase respectueuse "Apple refuse qu'Intel mette son autocollant sur les machines".
26 octobre 2007
Paroles de mangeur de pommes
Un néo-mangeur de pommes américain explique qu'il adore les produits de la Pomme, mais ce qu'il déteste le plus dans cette marque, c'est la bande d'utilisateurs fanatiques qui pourissent l'image de la marque.
Extraits des attitudes qu'il trouve détestables :
- Le leitmotiv "Apple invente tout et Microsoft copie tout" : il donne une liste d'exemple où Apple a copié (et pas forcément Microsoft).
- Chaque fois qu'on explique qu'une marque va entrer en compétition avec Apple sur un point donné, l'attitude des fanatiques consiste à dire "mais pourquoi est-ce qu'ils essayent ?" en oubliant que le progrès vient justement de la compétition.
- Chaque fois qu'Apple fait quelque chose de mal, il est de suite excusé. Alors que pour les autres, et en particulier Microsoft, pas de pitié : quand Microsoft fournit un logiciel (par exemple un browser) avec son OS, c'est un scandale ; quant Apple fournit un logiciel (par exemple un browser) avec son OS, c'est normal. Que Windows ne soit pas Open Source est une honte, que Mac OS X ne le soit pas non plus est une protection normale de la propriété intellectuelle.
Pour illustrer cet article, j'ai eu récemment un petit échange avec un de ces évangélistes fanatiques qui écrivait "Vous connaissez tous les itunes visualiser. Vous savez ces effets que l'on lance avec la musique, introduits avec la toute première version d'itunes puis sauvagement copiés dans le Media player de Windows par Microsoft." Même après lui avoir montré que iTunes n'était sorti qu'en janvier 2001 et que les effets psychédéliques existaient déjà dans Windows Media Player en juillet 2006, notre petit soldat de l'armée des Pommes n'a pas voulu lacher le trognon : puisque les effets sont plus beaux dans iTunes, et plus en rythme avec la musique, c'est bien la preuve que Microsoft a pompé.
25 octobre 2007
Un avis objectif
Un rapport de GreenPeace expliquait que la coque de l'iPhone contient du brome, du chlore et autres cochonneries. Mais ce rapport est contesté : tous les sites des mangeurs de pomme reprennent cette information en choeur : "Selon le BSEF, toutes les substances mises en exergue par Greenpeace, sont conformes aux réglementations en vigueur, sont utilisées dans un grand nombre de produits électroniques et ne sont en aucun cas dangereuses pour la santé. La BSEF estime que le rapport de Greenpeace est incorrect sur plusieurs points et accuse l’organisation de vouloir faire du sensationnalisme." Ah, vous voyez bien : même le BSEF le dit, Greenpeace, ils veulent juste exploiter la notoriété d'Apple.
Euh !!! C'est qui le BSEF ? C'est le Bromine Science and Environmental Forum, le lobby des industries chimiques du brome ! Et bien sûr, leur avis est parfaitement objectif : après tout, puisqu'ils produisent du brome et des produits bromés, ils savent bien que ce n'est pas du tout dangereux. Sinon, ils n'en produiraient pas, c'est évident.
17 octobre 2007
Réaction anticipée
Depuis plusieurs mois, des magasins de vente en ligne de musique proposaient des morceaux sans DRM au même prix que les morceaux avec DRM et proposaient des titres de labels indépendants sans DRM. Seul le magasin iTunes de la Pomme continuait à vendre les morceaux indépendants avec DRM (contre la volonté de ceux-ci) et surtaxait de 30% les morceaux non-DRMisés.
Oui, mais expliquent les mangeurs de pomme, vous aviez tort de critiquer Apple car ça va évoluer : les morceaux sans DRM vont être vendus au même prix que les autres et certains labels indépendants vont être vendus sans DRM. C'est bien la preuve que vous étiez de mauvaise foi.
Encore quelques jours et les mangeurs de pomme expliqueront que non seulement ce n'est pas sous la pression de la concurrence qu'Apple a été obligé de s'aligner, mais qu'en plus ils ont été précurseur dans le domaine. Le champ de distorsion de la réalité va encore être activé !
16 octobre 2007
La musique gratuite : ça ne marchera jamais
Universal, la grosse boîte de production de musique, a décidé d'arrêter de commercialiser de la musique sur la plate forme de la Pomme iTunes et envisage de monter un nouveau système de téléchargement de musique, gratuit pour le consommateur et financé par les fabriquants de baladeurs ou de téléphones mobiles et par les distributeurs.
Aussitôt, les mangeurs de pomme montent à l'assaut : "Comment ?" s'étranglent-ils "Quel scandale : il faudrait que chaque fabriquant paye mensuellement sur chaque baladeur vendu ?". Et quand tu leur fais remarquer qu'Apple récupère mensuellement une dîme entre 10% et 30% sur chaque abonnement téléphonique, les mangeurs de pomme rétorquent : "Quel est le rapport entre le marché de la musique et celui de la téléphonie où les enjeux, les contraintes, les stratégies sont complètement différents ?". Ben voyons ! Personne n'a remarqué que baladeurs et téléphones mobiles convergent dans les matériels et dans les offres ...
Autre axe d'attaque des mangeurs de pomme : "Oui, mais ça sera de la musique en location et les gens préfèrent acheter la musique". On ne sait pas d'où sortent ces affirmations (on a plutôt l'impression que les gens préfèrent pirater qu'acheter), et surtout on ne sait pas d'où sort cette affirmation que ce sera de la musique en location. Mais qu'importe, nos amis mangeurs de pomme ont déjà bâti le scénario de l'échec programmé de cette offre : les baladeurs seront plus chers, il faudra les changer tous les 18 mois, la musique sera en location avec des DRM dans tous les sens, les gens ne sont pas intéressés par télécharger gratuitement et légalement 5.000 morceaux par an, ...
La palme de la remarque absurde revient à un mangeur de pomme particulièrement limité qui imagine le scénario (forcément catastrophique) de la fin de période de location : "S'il reprend un appareil il doit d'abord payer ce nouvel appareil et ensuite récupérer toutes ses morceaux (super la simplicité du truc)." Tandis qu'un heureux possesseur d'iPod qui désire en changer ne doit bien sûr pas payer le nouvel appareil, ni ensuite récupérer tous les morceaux.
Laissons le mot de la fin à un article de PCInpact : "Reste que ce concept de Doug Morris est pour l'instant bien flou. Tous les grands labels seront-ils de la partie ? Quid des labels indépendants ? Pourra-t-on garder ses morceaux ou cela ressemblera-t-il à de la location "illimitée" limitée dans le temps ? Quel sera l'impact sur le prix des baladeurs ? Quid des DRM ? Comment réagiront les autres plateformes de musique, notamment iTunes et Amazon ?". Espérons que ce journaliste va bien vite rencontrer un mangeur de pommes qui lui, connaît déjà toutes les réponses à ces questions.
15 octobre 2007
Courber la tête et obéir
Les mangeurs de pomme, sourcilleux comme tout le monde sur les notions de ce qui leur appartient ou pas, perdent une bonne partie de cet instinct de propriété quand il s'agit de leur marque fétiche.
Après tout, disent-ils : "c'est la faute aux consommateurs si les iPhones modifiés sont bloqués. Ils avaient été prévenus par Apple". Ils osent également des comparaisons : "Quand on te dit qu'une
personne va fracasser ta voiture à telle heure et à tel endroit, bien
tu t'arranges pour qu'elle n'y soit pas!!!" (sic).
Sachez-le donc maintenant, un mangeur de pommes est une personne qui accepte tous les rackets, toutes les intimidations. Un type le prévient qu'il va lui fracasser sa voiture, il ne prévient pas la police, il ne prévient pas la justice, il ne tente pas de résister : non, il trouve ça normal et il obéit.
Bien sûr, ne soyons pas dupe. Dans la vie réelle, notre mangeur de pommes n'obéira pas si facilement. Il s'agissait juste pour lui de trouver un argument pour justifier le fait que les gens qui ont délockés leur iPhone auraient du obéir à Apple et ont tort de se plaindre que leur iPhone a été détruit. Et dans ce cas, les comparaisons virent à l'absurde.
30 septembre 2007
Les DRM, c'est pas bien
Vous voulez énerver un mangeur de pomme fanatique ? Faites-le parler d'iTunes et il vous expliquera en long en large et en travers que c'est une réussite totale, que c'est le plus grand magasin de musique virtuelle du monde, qu'il est fier qu'Apple soit leader sur ce marché, ...
Faites lui alors remarquer qu'Apple est donc le plus gros fournisseur de DRM au monde. Et là, le ton change : parce que les DRM, c'est pas bien, tout le monde est contre, et il ne faut donc pas associer les DRM et Apple. Pas bien.
Notre ami mangeur de pomme va alors vous expliquer qu'Apple n'est pas leader sur le marché de la musique en ligne, puisqu'aux USA, c'est WalMart et que Walmart vend de la musique WMA avec DRM Microsoft (ce qui prouve bien que ce sont de lâches profiteurs qui arnaquent le client) et que si tu cumules la part de marché de tous les magasins en ligne dans le monde, on voit bien que c'est Microsoft qui est le plus gros vendeur de DRM au monde (ce qui prouve bien qu'Apple c'est des gentils et Microsoft de méchants salauds).
C'est encore une fois le champ de distorsion de la réalité qui frappe. Apple possède 80% des parts de marché de la vente de musique en ligne aux USA et 70% dans le Monde. Que ce soit aux USA ou dans le Monde, 3 morceaux de musique sur 4 sont vendus par Apple et la grande majorité des morceaux vendus par les magasins sont protégés par des DRM (c'est en train de changer doucement). Et pourtant, ces mangeurs de pomme continuent à soutenir qu'il y a moins de musiques avec des DRM Apple qu'avec d'autres DRM. Etre fanatique à ce point-là, il faut le faire.
29 septembre 2007
La vérité est pourtant si simple
Une société américaine a décidé d'attaquer Apple pour violation de brevet sur l'iPhone. Lorsque cette information a été signalée sur un forum technologique la semaine dernière, les mangeurs de pomme sont montés au créneau pour défendre leur marque fétiche qui ne peut, bien sûr, pas avoir violé un brevet : "Cela fait un moment que
l'iphone est sorti aux US et comme par magie la plainte de violation de
brevet n'arrive que maintenant comme par hasard après qu'Apple ait
annoncé avoir atteint le million d'iPhone vendu" insinue l'un d'eux, qui, après la citation d'un article : "La cour devra donc statuer et estimer si Apple a délibérément utilisé un brevet déjà déposé." en rajoute une couche : "tiens tiens au même où Apple annonce le million!!!"
En oubliant juste un détail : Le dépôt de plainte date du début du mois d'août, donc un mois et demi avant l'annonce du million d'iPhones par Apple. D'ailleurs le texte "La cour devra statuer ... " cité par notre mangeur de pommes est daté du ... 06/08/2007 !
Mais cela n'arrête pas le mangeur de pomme qui change leur fusil d'épaule : "sache que l'iPhone est sorti bien avant la plainte du 03 Août, le 29 juin 2007, je te rappelle ! (et qu'il a été annoncé et présenté longuement en février 2007, avec tous les détails)". Donc le fait que la société ait attendu que le téléphone soit commercialisé avant de porter plainte est particulièrement louche. D'après notre expert en droit de la propriété intellectuelle, les vidéos et les photos sur le site internet d'Apple aurait du leur suffire. Peut-être pas le meilleur moyen de s'assurer le succès du dossier, non ?
Pour continuer de montrer la cupidité de cette société, l'argument des mangeurs de pomme évolue "D’ailleurs, le choix même du Texas pour déposer la plainte n’est pas anodin, puisque selon Softpedia, cet État particulier est connu pour jeter un regard bienveillant sur la cause des entreprises qui déposent une plainte pour violation de brevet". Vous vous rendez compte ? Si la société avait été fairplay, elle aurait dû porter plainte dans un état connu pour rejeter systématiquement les plaintes pour violation de brevet.
Et puis, insiste t'il, ils en ont mis du temps pour déposer la plainte car "ce genre de boîte a une armada d'avocat et pas un seul, tout ce qu'il faut pour faire les choses rapidement" insinue notre mangeur de pommes qui semble parfaitement connaître cette société et ses avocats.
Vous croyez que c'est fini ? Et bien non. Les mangeurs de pomme explique maintenant que cette société aurait du contacter Apple dès la présentation de l'iPhone en février avant d'intenter un procès en août. "Même si l'appareil n'est pas encore en vente, Sp Tch aurait du se manifester à la présentation de l'iphone et de son clavier, comme l'a fait LG pour le design" puis "Dans la plupart des cas, ce genre d'affaire arrive à l'oreille des journalistes, au moins dans le cas où il n'y a pas d'accord à l'amiable qui est trouvé avant le dépôt de plainte... et là rien absolument rien pendant 8 mois!!!" Encore une fois, c'est de l'insinuation gratuite et de la supposition car que lit-on sur un site Internet dédié à la pomme ? "Après avoir écrit à Apple en février dernier et ne recevant aucune réponse, SP Technologies LLC ...". Est-ce que vous croyez que le fait d'avoir inventé ou menti gêne notre menteur de pommes ? Pas du tout.
Pour finir, Voila ce qu'aurait pu ou du écrire quelqu'un qui se serait un peu renseigné sur cette histoire : Peter Boesen, le patron de SP Technologies LLC (une société de 2 personnes semble t'il, sans site Internet) est un habitué des plaintes pour violation de brevet industriel : il a déjà attaqué Canon, Kyocera et LG et a été débouté à chaque fois. Bien que cela n'ait aucun rapport, il a fait 51 mois de prison pour fraude à la sécurité sociale. A partir de là, on peut douter de l'issue de la plainte contre Apple, bien que le brevet existe bel et bien et a un vague rapport avec l'iPhone.
Non, au lieu de simplement chercher et citer les faits, les mangeurs de pomme ont uniquement inventé des insinuations qui allaient dans le sens de leur argumentation, mais qui se sont révélés fausses : des argumentations bâties sur des confusions de dates, des suppositions sur la société et son armada d'avocats, des affirmations sur des contacts qui n'ont pas eu lieu avant, ... Toute la panoplie de la désinformation alors qu'il était si simple de démolir l'affaire en utilisant simplement les faits et la vérité.
27 septembre 2007
Vous êtes tous différents !
Les mangeurs de pommes sont des types extraordinaires. Bien que le logo de leur compagnie fétiche soit "Pensez différemment", ils s'entêtent (surtout pour les plus fanatiques d'entre eux), à penser strictement de la même manière, à savoir : Apple ne peut pas se tromper ; si Apple le fait c'est que c'est utile, si Apple ne le fait pas, c'est que cela ne sert à rien ; ceux qui utilisent autre chose qu'un Mac sont à la solde de Micro$oft ; ceux qui critiquent Apple n'y connaissent rien ou sont payés par Micro$oft ; ...
Souvent, ces fanatiques me font penser à cette célèbre scène de La vie de Brian des Monthy Python. Brian paraît à la fenêtre devant laquelle l'attendent les membres fanatiques de la secte qu'il n'a pas voulu créer. Il leur crie : Vous êtes tous des individualités, vous êtes tous différents. Et la foule reprend en coeur : nous sommes tous des individualité, nous sommes tous différents.
Pour le plaisir :
19 septembre 2007
Champ de distorsion de la réalité
C'est un symptôme courant chez une certaine catégorie de mangeurs de pommes, en particulier les plus fanatiques d'entre eux. Cela consiste à répéter et amplifier toute information légèrement positive sur Apple et à nier ou retourner toute information légèrement négative.
Deux exemples des effets du Champ de Distorsion de la Réalité (CDR) :
- Sous la pression des associations de consommateurs et de certains législations nationales, Apple a été obligé de permettre la vente sur son magasin iTunes de musiques sans dispositif de protection (DRM). Ce dispositif est limité à une seule (grosse) maison de disques et Apple vend ces morceaux libres plus chers. Alors que la musique des labels indépendants est vendue sans DRM dans d'autres boutiques, Apple n'accède toujours pas à leur demande pour iTunes. Après passage dans le CDR, cela devient "Steve Jobs héros des consommateurs et des labels indépendants et porte-parole de la lutte contre les DRM".
- Suite aux innombrables réactions des premiers acheteurs indignés par une baisse de prix de 200$, soit 1/3 du prix de l'iPhone 66 jours seulement après la sortie de l'appareil, Steve Jobs leur présente ses excuses quelques jours après et leur offre un bon d'achat de la moitié de la différence, soit 100$. Après passage dans le DCR, cela devient : "Tu connais une autre société dans le high-tech qui a jamais remboursé aux anciens clients la différence après baisse des prix ?" alors qu'il ne s'agit pas d'un remboursement mais d'un bon d'achat, qu'il n'est que de la moitié de la différence, que ce n'est pas spontané et que jamais aucune autre société dans le high-tech n'avait traité ses premiers clients avec autant de légèreté (pour ne pas dire mépris).
